A propos de la SainteLyon 2007

 

 

L’art ou la manière.

 

 

    Nous nous lançons un défi, tous ensemble, afin de relier Saint- Etienne à Lyon, la nuit au clair de lune bien que celle-ci restera dissimulée derrière les nuages durant cette longue procession. Ne comptons pas sur ce globe de matière fluorescent pour éclairer notre lanterne. Tout se joue dans un autre monde où il faut solliciter ces propres  sensations, celui du corps, bien entendu, mais aussi celui de l'esprit. C'est pourquoi je demande à Saint-Etienne d'avoir  pitié de moi lors de ce périple ?

    Il s’agit de courir le moins lentement possible avec la manière dans un esprit de conservation de l’espèce ou le plus vite possible avec l’art et l’intelligence du primate confronté à la nature. Il faut se donner les moyens de gravir les premiers contreforts en fixant des objectifs raisonnables. Mais c’est sans compter sur les circonstances qui me sembleront défavorables mais qui restent les mêmes pour chacun d’entre nous. La façon de courir avec l’agilité du gibbon qui s’aide des branches pour se propulser vers l’avant n’est pas envisageable. Dans ce souci d’efficacité, il ne me faut compter que sur mes membres antérieurs qui me délivreront l’énergie suffisante pour parcourir cette distance qui me sépare de la ligne d’arrivée. D’ailleurs, pas de subterfuge, il faut courir sur les chemins boueux à la manière du « sauve qui peut » si je ne veux pas rester planté là avec comme seule certitude « il peut le faire » et sans avoir pu résoudre le problème de cette équation insoluble d’une courbe de dénivelée qui mène de l’art brut à la manière douce.

    Trouver le bon rythme afin de courir vite et loin, sans s’épuiser prématurément. Telle est devenue mon obsession. Peu importe les bonnes intentions de courir bien, avec une élégance aérienne et une foulée cadencée, car elles sont bien loin maintenant les bonnes résolutions. Le temps passe, Sylvie a qui je dois passer le relais m’attend pour poursuivre notre course effrénée vers Lyon. Chacun son style, mais tous vers un même but, nous devons aller au bout de nos efforts, pour qu’ils ne soient pas vains. A l’arrivée je pousse mon cri de joie un peu à la façon des gorilles pour faire part de leur satisfaction du devoir accompli à l’ensemble de ses congénères. De toutes les manières, je reste un amateur d’art éclairé par ma lampe frontale et souhaite continuer à toujours courir pour le « fun1 ».

    D’ailleurs je vous donne rendez-vous l’année prochaine. Merci à tous.

 

    1 it’s a vital part of emotional intelligence and wellness.

 

 

 

 

Denis TRUCHOT

Equipe : formateur


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Diplôme de l'équipe IUFM formateurs